La Voix du Nord du 25 juin 2013

Elle mesure 80 cm de large par 120 de long et pèse 25 kg. Mais ce qui compte le plus, c’est ce qu’on peut charger sur ses pieds en bois: une tonne. On n’imagine pas transporter quoi que ce soit sans palettes. Opalean, une entreprise de Dourges, a lancé une solution innovante et unique en son genre pour gérer le parcours de ces indispensables et précieux supports entre les entreprises et les transporteurs.

Imaginons une entreprise qui produit des conserves dans le Nord et qui les vend à un grossiste à Orléans. Pour les expédier, elle les charge sur des palettes. Et elles lui coûtent cher : 20 euros pièce. On imagine les fortunes qui voyagent sur nos routes quand on sait qu’il y a en Europe 500 millions de palettes standardisées (EPAL). Arrivé à destination. le transporteur qui a fait transiter la marchandise se retrouve avec une dette de palettes à l’égard du fabricant de boîtes de conserve. Comment rétablir les comptes ?

Eviter un gaspillage inutile

Cette question, Gabriel Pierini se l’est souvent posée quand il travaillait dans la logistique puis dans l’industrie. « C’est un véritable casse-tête. ›› La solution, si l’on peut dire, est de faire voyager des camions remplis de palettes vides entre Orléans et le Nord pour rétablir l’équilibre. Ce serait le cas pour 8 % des poids lourds sur les routes. Inutile dépense de carburant, bilan carbone déplorable. Pour gérer les dettes et avoirs de chacun, Gabriel Pierini monté son entreprise et propose un logiciel capable de gérer le parcours des palettes au plus près. En clair, si un transporteur doit des palettes à un industriel du Nord qui a envoyé sa marchandise à Orléans, il est tout à fait probable que l’inverse existe. Autant que tous les acteurs impliqués fassent parcourir la distance la moins importante à leurs palettes.

Plus il y aura de participants…

Cette gymnastique complexe, Opalean a pu la transformer en un algorithme avec l’aide de chercheurs de l’INRIA. Et c’est ce qui fait fonctionner la plateforme que l’entreprise de Gabriel Pierini propose depuis quelques mois aux industriels et aux entreprises de transport. Une «chambre de compensation » qui met en relation les créditeurs et débiteurs de palettes et qui. plus il aura de participants, trouvera davantage de pertinence. Il y en a aujourd’hui plus d’une trentaine, avec de grands noms comme Adeo Services ou Leroux par exemple. La société, qui trouve ses revenus par les abonnements mais aussi dans une part du coût de transport évité, prévoit d’atteindre l’équilibre en 2014.

Source: La Voix du Nord du 25/06/2013